C’est une histoire vraie, toute simple recueillie auprès de Jean-Marie Terron dans son ouvrage ‘‘Être adolescent en 1950’’.

Ils étaient 8 grands adolescents de 18 ans environ, la veille de Noël, avec le fort désir d’aller danser pour le réveillon… Après avoir longtemps argumenté avec leurs parents, car à l’époque on ne sortait pas facilement du giron familial, ils obtinrent la permission et même deux voitures prêtées miraculeusement par des papas audacieux ! Des 203, voitures de luxe à l’époque…

Le 24 décembre 1954, la folle équipée atteint Artemare et la première couche de neige ! Mais arrivées au Petit-Abergement : 30 cm de neige les deux 203, patinent sans pouvoir ni avancer ni reculer ! Adieu, valses, pasos et tangos ! 

Que faire ?

Ils aperçoivent une lueur au loin, une ferme pour y trouver refuge. Une heure de marche avec de la neige jusqu’aux genoux pour arriver à la porte. Un couple de vieilles personnes leur ouvre : « Mais que faites-vous par là, par ce temps, mes pauvres petits ? ». Les jeunes ont peur de déranger et on leur répond : « On ne dérange jamais Clémentine et Marius ! Réchauffez-vous auprès du feu… Et puis vous mangerez un bout, les émotions ça creusent ! ».

Avant minuit, ils savourent une soupe épaisse avec les légumes du jardin et puis une oie de la basse-cour rôtie au four allumé par Marius, suivie par une tomme faite à la ferme, de la confiture aux fruits du verger, le tout arrosé de cidre et accompagné d’un pain fait maison de trois kilos… Rien de sorti d’un supermarché qui d’ailleurs n’avait pas encore cours…

Le plus surprenant, à nos yeux dénaturés d’aujourd’hui, c’est aussi la suite…

Clémentine leur demanda s’il voulait bien se recueillir à minuit, ce qu’ils acceptèrent. Prières et méditation durant plus d’une heure au lieu des airs d’accordéon. Puis à deux heures, une chambre pour les filles, une chambre pour les garçons les accueillent.

Le lendemain, le chasse-neige tiré par un cheval avait dégagé la route et ils redescendirent affronter l’inquiétude des parents, oui car en ce temps-là les tél portables n’existaient pas.

Avec le temps, Jean-Marie avoue que ce fut le plus beau Noël de sa vie…

Tout a changé…

Nous avons l’impression d’avoir écrit une page des ‘‘Lettres de mon moulin’’ d’Alphonse Daudet, comme celle intitulée ‘‘Les vieux’’. 

Comme les temps et la mentalité ont changé depuis ces années pas si lointaines que cela, puisqu’il est des gens qui s’en souviennent ! Imaginez cette histoire se déroulant de nos jours : nous vous laissons cogiter sur cette proposition…

Michel Bigoni

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